
Ce mardi 9 juin au matin, la nuit avait légèrement mouillé bois et chemins; une queue d’averse de l’aube très vite rappelée. Et, lorsqu’ils se sont retrouvés, sur la place du village, à 9h30, le soleil avait déjà pris possession du ciel. Après un court « briefing » de distribution des tâches, ils se sont rapidement éparpillés aux extrémités du chemin, qui à pied, qui en véhicules appropriés. Alors, très vite, la forêt a vibré comme une ruche active. Tronçonneuses sur les mikados d’arbustes couchés, débroussailleuses sur le lit du sentier, pinceaux d’huile de lin sur les bois ouvragés, vinaigre blanc, savon noir sur les lichens des œuvres en calcaire…
Ce matin là, la vingtaine de membres de l’ APPEL au service de l’entretien du chemin art-nature, a rassemblé énergie et savoir faire pour rénover l’attrait de la balade. Par ici les piaillements d’oiseaux apeurés nouvellement ailés; là, les croassements graves de corbeaux dérangés. La vie animale toute entière un moment chahutée s’est tapie un peu plus loin jusqu’au prochain silence. En effet, voix, appels, pétarades ont un temps étouffé la vie sauvage de l’endroit.
Bientôt, le pique-nique a rassemblé et les voix et les gestes aux tables garnies. Partage de plats et commentaires ont allumé la clairière de rires et d’éclats. Le soleil était haut, au-dessus de l’ombre fraîche du sous bois qui couvrait les convives.
Lorsqu’ils ont quitté l’endroit, toutes les petites vies ont repris possession de leur royaume et, dans le chemin, les œuvres ravivées jouaient dans les trouées changeantes d’ombre et de lumière, bousculées par la brise.
Claude D













